Le Muscadet dans le Monde et le New York Times

Depuis quelques années maintenant, le vent a tourné dans le Muscadet et le vin de comptoir a bien pris sa revanche.

Cité par les sommeliers, les experts et les journalistes du monde entier comme un grand vin, qui n’a rien à envier à d’autres régions, le Melon de Bourgogne et les crus communaux ont de beaux jours devant eux.

Notre petit blanc s’est refait une santé et restaurateurs, tables étoilées et amateurs de vins sont les premiers à reconnaître la qualité de nos vins haut de gamme et notamment nos crus communaux. A la vôtre !

La revue de presse globale sera l’un des prochains articles, mais on ne pouvait pas passer à côté de ces journaux prestigieux.

Le New York Times

Merci Eric Asimov pour cet article paru le 11 octobre 2018 : l’article complet

Cet article a été réalisé suite à une dégustation mi septembre de 20 bouteilles du millésime 2017. Les experts ont été impressionnés par le caractère, la qualité du millésime et les différentes cuvées proposées.Dans le top 10, sont cités entre autres :

  • Jérémie Huchet du Domaine de la Chauvinière
  • Le Domaine de la Pépière « l’un des meilleurs producteurs de Muscadet, pour le frais et minéral la Pépie ».
  • Stéphane Orieux « Domaine de la Brégeonnette » (meilleur rapport qualité/prix)
  • Jo Landron  – La Louvetrie
  • Jérôme Bretaudeau du  Domaine de Belle-Vue, « profond et subtil »
    Ils n’ont pas pu déguster les vins du Domaine Michel Brégeon, Domaine de l’Ecu, Domaine Pierre Luneau-Papin et domaine Le Fay d’Homme, mais connaissent déjà leur qualité.

 

Le Monde

Quel plaisir de découvrir le 8 octobre 2018 l’article  d’Ophélie Neiman dans le Monde « Patron ! Un Muscadet »

Ophélie Neiman en connait un rayon ! : Miss Glou Glou, journaliste, auteur de plusieurs ouvrages dont « Le Vin C’est Pas Sorcier » traduit en 11 langues.
Voici l’article : 

« Le muscadet pousse au bord de l’eau, en Loire-Atlantique, de Pornic à Ancenis. C’est un vin blanc rayé bleu avec un ciré jaune et des bottes.

Comme dans tout bon récit de marins, il y a la terrible tempête. Celle qui s’est abattue sur la flotte du muscadet est l’une des plus dures de son histoire. De nombreux vignerons ont perdu le cap, certains ont même lâché la barre. Il faut dire qu’elle les a pris par surprise, derrière un ravissant ciel bleu.

Le muscadet fut si populaire ! Mais à force de se complaire dans l’image du petit vin du quotidien, il est devenu un simple petit blanc. Des muscadets médiocres ont inondé les supermarchés, « on a fait pisser la vigne », dit-on dans le milieu pour qualifier des rendements poussés au maximum. Dilué, sans intérêt, le nom est resté fameux mais les prix ne sont jamais montés.

Un travail colossal est en œuvre

Voilà bien le paradoxe dans lequel il s’est englué : toute la France connaît le muscadet, mais qui a envie de mettre 10 euros ou 15 euros dans l’une de ses bouteilles ? Pire, le foncier qui détermine le prix de la vigne s’est effondré par rapport aux autres vignobles français. Il est parmi les plus bas des appellations d’origine contrôlée (AOC). Conséquence, entre 2000 et 2010, les deux tiers des exploitations viticoles de la Loire-Atlantique ont disparu. Ajoutez à cela un gel en 2008 qui a supprimé la moitié de la récolte, une hausse des prix pour pallier la faible quantité et des marchés qui tournent les talons et vous obtenez un beau naufrage.

A situation désespérée, mesures radicales. Face à la surproduction, d’abord. Le vignoble engage en 2003 un plan d’arrachage de 2 000 à 2 500 hectares. L’opération se poursuit depuis en pointillés, les vignes se recentrent sur les appellations.

Tous les vents favorables sont convoqués

Les appellations, justement, sont en plein bouillonnement. Notamment muscadet sèvre-et-maine, la plus grosse des trois appellations régionales du vignoble (425 vignerons pour 500 dans tout le Muscadet). L’Atlantique lui a fait un cadeau, son sol alterne les roches de qualité : granite, schiste, gabbro et gneiss accueillent les racines des ceps et apportent des notes fumées, de fleurs ou de fruits jaunes étonnantes, des textures puissantes, grasses, racées.

Grâce à ces terroirs, les vignerons ont pu dresser une liste de dix crus communaux. Trois sont déjà reconnus officiellement depuis 2011. Clisson, Gorges et Le Pallet peuvent désormais s’afficher fièrement sur les étiquettes. Quatre autres devraient les rejoindre dans les prochains mois : Château-Thébaud, Goulaine, Monnières-Saint-Fiacre et Mouzillon-Tillières.

Les noms ne seront pas faciles à retenir mais ils ont de quoi être fiers. Le muscadet sèvre-et-maine vit un élevage de six mois minimum sur lies. Les levures nourrissent le vin, lui apportent de la richesse, de la complexité, une aptitude au vieillissement.

Dans ces muscadets haut de gamme, l’élevage donne des arômes de coing, de fleur d’oranger, de réglisse, de fruits secs et de miel. Certains crus communaux connaissent dix-huit à vingt-quatre mois d’élevage minimum, voire trente-six à quarante-huit mois pour la dénomination Château-Thébaud. Autrement dit, les 2014 sont actuellement sur le marché. Et ils pourront vieillir quinze ans ou plus. Quels autres vins se permettent un tel luxe ? Et à un prix pareil ? Tous les vents favorables sont désormais convoqués. Ainsi que la citation de Pierre Perret : « Il ne faut jamais dire Fontaine… Il faut dire : Patron, un muscadet ! »

Domaine Luneau-Papin, Goulaine, « Excelsior » 2014
Une cuvée imposante par sa puissance, mais que la finesse aromatique et la fraîcheur saline viennent dompter brillamment. Un vin de grande gastronomie. 18 €

Jérémie Huchet et Jérémie Mourat – Les Bêtes curieuses, Clisson, 2014
Un muscadet à faire goûter à l’aveugle pour détruire les a priori. Un vin puissant aux arômes de prune et de coing, signé par un duo inventif. Bio. 13,50 €

Domaine Landron, La Haye Fouassière « Fief du Breil », 2014
Coup de cœur éternel pour ce vin qui synthétise un idéal du muscadet : rocailleux en diable, sauvage, avec un parfum de confiture d’orange qui pointe sous les cailloux. C’est renversant. Et bio. 18 €